Strasbourg : histoire de l'Église réformée du Bouclier


La paroisse réformée de la rue du Bouclier est l’héritière directe de la paroisse réformée fondée par Jean Calvin en 1538 pour les réformés de langue française réfugiés à Strasbourg. A la demande du réformateur Martin Bucer, Calvin séjourna à Strasbourg trois années durant, fondant les bases de la constitution de la communauté ecclésiale. L’un des premiers lieux de culte fut le chœur de l’ancienne église des Dominicains (Temple Neuf). Après l’intérim imposé par l’empereur au magistrat de Strasbourg, ordonnant la restitution aux catholiques de la Cathédrale et des collégiales, le protestantisme strasbourgeois, menacé de disparition, prit un virage vers le luthéranisme orthodoxe, alors qu’avec Bucer s’était mise en place une sorte de synthèse doctrinaire manifestée par l’adhésion à la Confession Tétrapolitaine. Avec l’adhésion à la Confession d’Augsbourg, Strasbourg faisait désormais un choix d’alliance stratégique avec les principaux bastions luthériens allemands, destiné à assurer la pérennité de la Réforme dans la ville. La contrepartie en fut l’interdiction du culte réformé, dont la paroisse trouva refuge à Wolfisheim, à l’Ouest de la ville, possession du Comte de Hanau-Lichtenberg, prince luthérien favorable aux réformés. Le bâtiment du 17e siècle qui servit de temple jusqu’à la construction du temple de la rue du Bouclier, y existe encore, transformé en maison d’habitation. L’évolution démographique du 17e siècle fut surtout marquée par l’arrivée de réformés suisses de langue allemande.
        Avec l’édit de tolérance de 1787, la paroisse fut autorisée à bâtir à nouveau un temple au centre de la ville de Strasbourg. En 1788, un terrain fut acquis à deux pas de l’église Saint Thomas, et le temple achevé fut inauguré en 1790.

 

Le bâtiment :

Érigé en retrait de la rue, au fond d’une cour, il prend l’aspect extérieur d’une simple maison d’habitation, se conformant aux prescriptions de l’édit de 1787. Bâti entre 1788 et 1790, il garde l’aspect d’origine, sauf pour le clocher, ajout tardif qui ne date que des premières années du XXe siècle. L’intérieur présente une salle toute blanche à colonnades classiques supportant des tribunes latérales. La chaire occupe l’axe du petit côté du rectangle, et est précédée par la table de communion de style Louis XVI en marbre. En face, sur le côté opposé, une double tribune porte l’orgue, dont seul le buffet de Conrad Sauer de 1790 reste d’origine, la partie instrumentale devant être refaite à neuf en 2007 par le facteur belge Thomas.

Texte de Daniel Zimmer.


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Texte : Daniel Zimmer, tous droits réservés.